Trente ans de modération !

A l'occasion de son 30e anniversaire, l'organisme Educ'alcool a reçu ce mois-ci la Médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec pour mérite exceptionnel, la plus haute décoration de son programme de distinctions honorifiques en reconnaissance de ses actions en faveur de la société québécoise.

Distinction qui vient récompenser trois décennies de travail à faire connaitre le bon "mode d'emploi" de la consommation d'alcool, non pour la proscrire de manière rigide et vertueuse mais pour en promouvoir une consommation modérée et responsable.

Le lieutenant-gouverneur du québec j-michel doyon remet la médaille à hubert sacy, directeur général d'educ'alcool #modération alcool
le Lieutenant-gouverneur du Québec J-Michel Doyon remet la Médaille à Hubert Sacy, directeur général d'Educ'alcool

Ce n'était pas une association de cinq inconditionnels de la camomille qui a imaginé il y a trois décennies de créer une structure destinée à mener des actions de prévention et d'éducation pour faire des Québécois de bons buveurs plutôt que de gros buveurs.

Les chiffres étaient là. Au Québec comme dans le reste du Canada, la moitié des graves accidents de la route étaient alors dus aux excès de boissons fortes, principalement en fin de semaine et durant les périodes festives.

Sachant que l'on peut déguster sans s'enivrer, il n'était question de jeter l'anathème, ni sur les producteurs, ni sur les consommateurs, mais plutôt de trouver les moyens de susciter des comportements modérés vis à vis des boissons alcoolisés. Ils savaient de quoi ils parlaient.

L'un des pères fondateurs n'était il pas Ghislain K. Laflamme, avocat québécois, qui avait découvert la filière des vins et des spiritueux en devenant le PDG de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec au début des années 80, devenu expert en dégustation ?

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Intronisation de Ghislain K. Laflamme par la Connétablie de Guyenne Côtes de Bourg en 2011.

Il s'agissait dés lors, et encore maintenant pour Educ'alcool d'éduquer le grand public et tout particulièrement les jeunes à la consommation d'alcool, valoriser la culture du goût au détriment de celle de l'ivresse, fournir des informations sur les effets physiologiques et psychologiques de l'alcool en œuvrant en partenariat avec la filière des négociants, vignerons et viticulteurs québécois, les associations de producteurs de bière et de cidre, distillateurs, agents promotionnels et la Société des alcools du Québec qui y siègent au conseil d'administration.

Un Conseil scientifique entièrement bénévole formé de chercheurs, psychologues et médecins récemment constitué éclaire de surcroit la structure de ses conseils et recommandations.

Communication utilisant le ressort humoristique

Comme rien ne peut se faire sans argent, Educ'alcool puise son financement dans les prélèvements faits par la SAQ sur les ventes des produits de ses membres institutionnels, ce qui leur permet de remplir leurs obligations légales en application de la règlementation sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques.

Les membres qui ne commercialisent pas leurs produits via la SAQ versent leurs contributions directement à l'organisme (En 2020, son budget s'élève à 3,5 millions de dollars canadiens soit environ 2,3 millions d'euros). Ce n'est pas pour autant que le travail sérieux mené depuis 1990 se traduit par une manière de communiquer ennuyeuse ou moralisatrice.

Au Québec, on donne dans l'humour ou la dérision plutôt que dans le catastrophisme, que ce soit en son ou en images.

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Boire un petit coup c'est agréable......mais il ne faut pas rouler dessous la table...

Campagnes de prévention et d'information ont porté leurs fruits et bien que l'organisme ne s'arroge pas le bénéfice des progrès réalisés en la matière, il profite de ce trentième anniversaire pour souligner quelques statistiques : si au Canada, les Québécois sont en tête pour la consommation d'alcool, ils sont les derniers en revanche pour la consommation excessive et les jeunes retardent de plus en plus l'âge du début de consommation.

C'est au Québec aussi que l'on compte le moins de personnes dépendantes (2,7%) et la proportion d'accidents mortels dûs à l'ébriété a diminué de 20 en 30 ans , passant de 50% à 30%.

Les publications d'Educ'alcool sur l'alcool et la santé sont distribuées jusque dans les hôpitaux et le taux de crédibilité de l'organisme dont l'accroche publicitaire est : " La modération a bien meilleur goût" s'élève à 97% auprès de la population. Considéré comme un intervenant majeur en terme de prévention, déjà félicité en 2010 par l'Assemblée nationale du Québec, Educ'alcool a donc reçu la Médaille pour mérite exceptionnel des mains de Monsieur J-Michel Doyon, lieutenant gouverneur du Québec1.

Distinction remise à son directeur général Hubert Sacy qui l'a reçue avec joie au nom de l'organisme et a tenu à associer l'ensemble de ses partenaires, tout en remarquant au passage, qu'il ne s'agissait pas de s'endormir sur des lauriers fussent ils bien mérités, mais de continuer le travail accompli.

Soulignant au passage les défis à relever tout particulièrement à une époque ou d'aucuns auraient tendance à s'ériger en conseillers ou spécialistes au nom de la liberté de dire et faire, et d'autres de verser dans des approches idéalistes et diabolisantes en matière de consommation d'alcool. Les mots du bon sens, et de la réflexion rimant naturellement avec modération.

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1Le lieutenant -gouverneur est le représentant de la couronne Britannique dans chaque province canadienne.

Claude Ader-Martin

Les adieux de Notre-Dame

Le hasard a voulu que René Cloutier*,  membre du conseil d'administration de la Société d'Histoire de Charlesbourg avec laquelle AQAF a un accord de partenariat se trouve à Paris la semaine de l'incendie de Notre-Dame. Bouleversé par ce triste évènement, il a écrit un  texte dont nous vous donnons l'essentiel qui mêle ses souvenirs personnels  et   souligne quelques éléments de notre histoire commune liés à cette cathédrale.

"En août 1967, je pénétrais pour la première fois au coeur de la France chrétienne, Notre-Dame de Paris.Rencontre entre cette dame plus que huit fois centenaire et moi, venu de la jeune Amérique. Presqu'en même temps que naissait ce pays sur les rives du Saint-Laurent, Louis XIII faisait le voeu de consacrer la France à la Vierge pour avoir obtenu un fils, le futur Louis XIV.

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Maître autel de la cathédrale. Groupe sculpté de la Descente de croix par Nicolas Coustou avec bas relief entouré des statues agenouillées de Louis XIII à droite et Louis XIV à gauche.(photo R.Cloutier)

C'est ce dernier qui transcrivit l'action de grâce de son père dans la pierre par un autel monumental terminé après sa mort, les finances ayant manqué pour faire encore plus grandiose ...

En Louis XIV (1638-1715), nous voyons le souverain qui a régné le plus longtemps sur la Nouvelle-France et sous lequel elle s'est développée.Dès 1663, le jeune monarque élève la Nouvelle-France au statut de province royale et constitue un Conseil souverain pour l'administration de ce territoire lointain. Il a de grands desseins pour elle. Il nomme son premier évêque qu'il pourvoit de revenus en France pour le développement de son diocèse  immense. Il envoie plus de 800 femmes, les Filles du Roi, dotées de 50 livres chacune, soit le salaire d'une année pour un ouvrier de l'époque. C'est par un décret de Louis XIV que les Jésuites entreprennent le lotissement d'une partie de leur Seigneurie au Trait-Carré de Charlesbourg en 1665. Un boulevard à son nom évoque son geste ici. Par l'intermédiaire de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche ( 1638-1683), plusieurs paroisses de Nouvelle-France reçoivent des vêtements liturgiques. A Charlesbourg, nous possédons une chasuble où se distinguent ses armoiries. Son père Louis XIII (1610-1643) est le parrain de Louis de Buade (1622-1698), comte de Frontenac et de Palluau est probablement le gouverneur le plus prestigieux que la Nouvelle-France ait reçu...et conservé puisqu'il est inhumé sous la Basilique  Notre-Dame de Québec, autre basilique consacrée à la Vierge, elle aussi consumée par les flammes dans un incendie à quelques jours de Noël 1922, acte d'un pyromane.

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Basilique Notre-dame de Québec

Voilà quelques souvenirs de notre histoire commune qu'un Québécois peut rattacher intimement à Notre-Dame de Paris.

Le dimanche 14 avril, -j'avais assisté à un récital d'orgue la veille- à la fin de la messe des Rameaux, j'adressais silencieusement mes adieux à ce lieu où je me rendais probablement  pour l'une des dernières fois de ma vie après tant d'heures passées là, au fil de centaines de présences à Paris. Je venais d'assister à une cérémonie splendide par le faste de ses rites. A Notre -dame de Paris, tout est surdimensionné. Pour être vus, les rameaux, les chandeliers de la procession ont besoin de répondre à l'immensité du lieu. L'orgue a besoin de remplir le vaste espace. Je réentendais Bach, Buxtehude, Saint-Saëns, Vierne, Langlais... qui m'avaient fait vibrer comme ils avaient fait vibrer chacune des pierres posées là depuis des siècles. Curieusement en ce dimanche, l'organiste avait choisi pour la sortie de messe, une pièce toute en douceur qui se terminait presque sur un silence. Présageait-il le long silence qui s'en venait ? Arrivé sur le parvis, je vibrais cette fois à la volée des cloches nouvellement installées en 2013 pour remplacer celles de 1856. Le bourdon ne sonnait pas. On le réserve pour les grandes fêtes : Noël, Pâques, 15 août. Il a résonné aussi lors des grands moments de la vie de la nation : l'Armistice du 11 novembre 1918, la Libération de Paris en août 1944. Au Moyen Âge, il retentissait lors des épidémies. On croyait alors que la vibration ferait fuir les mauvais génies responsables de la calamité. Comment ne pas penser à Quasimodo, le bossu de Notre -Dame raconté par Victor Hugo qui adorait la puissance de cette cloche qu'il n'entendait pas mais dont il ressentait les vibrations en faisant corps avec elle. Imaginez : 13 tonnes dans la tour sud de la façade. j'ai voulu le voir en 1967. Il fallait les jambes de la jeunesse pour grimper les centaines de marches qui conduisait sous l'instrument et son battant de 500kg. Une bonne vingtaine de personnes pouvaient se loger sous l'ampleur de sa panse d'airain.

Parmi tous mes passages à Notre-Dame, j'ai le souvenir très fort d'une visite menée par un chanoine de la cathédrale, visite qu'il avait intitulée : Notre-Dame interdite. Il fallait du souffle pour grimper jusqu'au toit, tant à l'intérieur dans le triforium** qu'à l'extérieur parmi les gargouilles et les chimères*** au pied de la flèche qui vient de s'effondrer. Ajoutée par Viollet-le Duc en 1859 à l'occasion de l'une de ses nombreuses restaurations, la flèche remplaçait une flèche plus ancienne du XIII ème siècle qui menaçait alors de tomber. Viollet- le -Duc s'y était représenté parmi les douze apôtres avec une équerre à la main pour se distinguer des autres, à la place de Thomas, patron des architectes.

Je me rendais dans ce sanctuaire pour le simple plaisir du silence, dans la lumière bleutée des rosaces, pour contempler tous ces trésors accumulés dont la relique de la Sainte Couronne déplacée de la Sainte-Chapelle depuis quelques années afin d'être vue par le plus grand nombre. Elle a été sauvée du désastre.

Le jour de l'incendie, j'étais allé visiter des amis dans le Cotentin. Au milieu du repas, le téléphone sonne. C'était la fille de la famille maintenant installée en Guyane qui nous annonçait le drame qui se vivait à Paris. C'est dire l'ampleur mondiale de la nouvelle. Le lendemain, on ne parlait partout que du sujet de l'heure, signal s'il est besoin de dire à quel degré cette cathédrale fait partie du patrimoine d'une capitale, d'un peuple, du monde. Le deuil s'était installé sur toute une nation. Il arrivait parfois qu'un silence à la radio soit meublé par quelques notes du Temps des cathédrales et qu'on entende Bruno Pelletier interpréter des airs de cette oeuvre musicale de Plamondon et Berger, façon pour le Québec de s'immiscer dans ce deuil et de dire que cette cathédrale fait aussi partie de nous.

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Le lendemain de l'incendie (photo R.Cloutier)

Il est venu le temps des cathédrales                                                                                                                                                           Le monde est entré                                                                                                                                                                                        Dans un nouveau millénaire                                                                                                                                                               L'homme a voulu monter vers les étoiles                                                                                                                                               Ecrire son histoire                                                                                                                                                                                          Dans le verre ou dans la pierre...

Il est des pertes qui créent un vide infini. Pour ma part, je me suis demandé si les adieux que j'avais présentés la veille à Notre-dame n'étaient pas aussi des adieux que Notre-Dame m'adressait".

 

René Cloutier

 

*Natif de Charlesbourg, René Cloutier a fait des études classiques avant d'étudier à l'Université Laval où il a obtenu une licence es lettres classiques et une maitrise en latin. Il a enseigné la littérature française, le latin, le grec et l'histoire ancienne au petit Séminaire de Québec puis il a enseigné les civilisations anciennes au College de Sainte-Foy avant d'entamer une carrière d'attaché parlementaire du ministre Jean Rochon, député de Charlesbourg.

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René Cloutier (à g) reçoit la médaille de l'Assemblée nationale des mains de François Blais, alors Ministre du travail et de la Solidarité sociale.

Tour à tour président de la Société des études grecques et latines de Québec, de la Régionale de Québec de l'association Québec-France, il s'est fortement impliqué au sein de la Société d'Histoire de Charlesbourg qu'il a présidé à plusieurs reprises. Il est auteur de nombreux articles dans des revues culturelles et historiques et anime des conférences à travers le Québec. En 2016, il s'est vu discerner la médaille de l'Assemblée nationale du Québec pour son engagement exceptionnel envers la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine de la ville de Québec.

 

 

 

**Passage aménagé dans l'épaisseur des murs au niveau des combles sur les bas-côtés de la nef (NDA)

***Une gargouille est une gouttière destinée à écouler les eaux de pluie ; la chimère, créature fantastique n'a qu'une fonction d'ornement (NDA).

 

 

 

 

Quand le sirop d'érable rencontre le pastis* landais

Si la plage était un peu déserte-encore que quelques baigneurs attardés profitaient d'une arrière saison au parfum  de fin d'été-la petite ville landaise de Biscarosse se donnait, en cet avant dernier week-end d'octobre, des allures de capitale française du cinéma québécois, ce qu'elle est, de facto**. Résultat de l'enthousiasme et de la volonté d'une poignée de bénévoles, le Festival du film québécois des grands lacs offrait  à voir pour la troisième année une sélection d'une trentaine de longs métrages, de documentaires et de courts métrages. Quand le sirop d'érable rencontre le pastis* landais 35Il rendait par ailleurs hommage à Jean-Claude Labrecque, figure marquante du cinéma québécois. Autour du festival,  une exposition de photos sur Montréal réalisée par le tandem franco-québécois Ange Perez et Denis Morinville,

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Avec l'aimable permission de Denis Morinville

une expérience de réalité virtuelle inspirée par un spectacle du Cirque du Soleil, une conférence sur la spécificité du Québec  dans la francophonie canadienne donnée par l'AQAF, la présentation du livre Bordeaux-Québec, regards croisés de Claude Ader-Martin & Philippe Roy ainsi qu'une  belle cerise sur le sundae comme on dit au Québec, la présence d'Eric Plamondon venu présenter  Takawan, son dernier livre.

Culture francophone prégnante

L'auteur québécois a le franc-parler propre aux Nord-américains et l'élégance de celui qui ne joue pas les vedettes. Son auditoire l'intéresse autant qu'il intéresse ceux qui sont venus l'écouter. Il raconte comment le regard qu'il porte sur son pays a changé depuis qu'il vit à Bordeaux et pourquoi son "road trip" en Gaspésie en 2012 a été à l'origine de Takawan. " En arrivant dans la Réserve de la Ristigouche, je me suis rendu compte qu'au delà de ce que peut représenter la vie sur une réserve, la plus grande violence qu'on a faite aux Améridiens, c'est qu'on les a effacés. Je n'aurais jamais écrit ce livre si je n'avais pas été en France". Du soulèvement des autochtones de 1981 au sujet des droits de pêche au saumon, il fait un parallèle  historique avec la dernière bataille de la guerre de 7 ans qui mit fin à l'hégémonie française au Canada, bataille qui s'est déroulée également à l'embouchure de la rivière Ristigouche *** : En 1760, Français et Anglais, les futurs vainqueurs, réglaient une partie de leurs conflits sur le sol québécois. En 1981, les autochtones qui sont sous gouvernance fédérale  ont fait face aux représentants de l'ordre du Québec qui rêvait alors d'indépendance au point de refuser l'année d'après, de ratifier la Constitution canadienne." Depuis une quinzaine d'années, la parole émerge partout au Canada sur la situation des Améridiens. Quand le sirop d'érable rencontre le pastis* landais 43Mon livre s'inscrit dans cette mouvance" explique-t-il. Cela dit, il ne revendique pour son livre de n'être ni un manifeste politique, ni une revendication sociale. " Le roman est un des rares endroits où peuvent cohabiter tous les points de vue", souligne-t -il. Les quatre personnages principaux de Takawan représentent effectivement des opinions divergentes.

De sa vie en France il parle peu sinon pour dire que paradoxalement, elle le rapproche sans cesse de ses racines. "Il y a moins de différence entre Montréal et Bordeaux qu'entre Montréal et Toronto. Lorsque je suis arrivé là bas pour mes études, j'ai senti combien  ma culture francophone était prégnante.  Et il a fallu que je vive en France pour me rendre compte  que  j'étais américain.   Maintenant, ça y est, je suis décomplexé". Et de confier qu'il écrit beaucoup et qu'il jette aussi énormément, qu'un "prix littéraire c'est important, surtout si ça vient avec l'argent".

Les Rois Mongols et Tadoussac

A la fin du week end, les dés étaient jetés : le public a plébiscité Les rois mongols de Luc Picard et Crème de menthe de Jean-Marc E. Roy et Philippe David Gagné dans les catégories long et court métrage.

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Les Rois Mongols

Le prix du jury a été accordé au long métrage de Pascal Plante Les faux tatouages ainsi qu'à Palissade, court métrage d'Alexis Fortier Gauthier.

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Les faux tatouages 

Une mention spéciale du jury a été accordée au film de Martin Laroche Tadoussac. Dans la compétition Documentaire, la palme du jury a été attribuée à Bagages de Paul Tom et Melissa Lefebvre, celle du public à Une caméra pour mémoire de Michel La Veaux. Autant de thèmes traitant de la filiation, de l'identité et du devenir.

Claude Ader-Martin

 

* le pastis landais est une sorte de brioche parfumée à l'anis

**Il existe par ailleurs un Festival du film canadien à Dieppe, mais Biscarosse ( population 14.000 habitants) dans les Landes s'offre l'originalité d'un festival estampillé Québec..

***Après la chute de Québec lors de la Bataille des plaines d'Abraham en 1759, la France envoie une flottille  de la dernière chance depuis Bordeaux en avril 1760. Poursuivie par la marine anglaise dans le golfe du Saint Laurent, la flotte amoindrie se réfugie au fond de la baie des Chaleurs à l'entrée de la rivière Ristigouche où elle est contrainte de se saborder. Deux cents ans plus tard, les restes de la frégate Le Machault  sont sortis de la vase et conservés dans un musée" Le lieu historique national de la Bataille de la Ristigouche".

Voyage en la belle terre de Caïn : Le retour...

Maintenant que nous avions foulé la mousse tendre de la toundra de la Basse Côte-Nord, il nous restait à nous ouvrir à nos compagnons de voyage. Il y avait ceux que nous côtoyions chaque jour au restaurant du pont 4, dans les coursives, sur les fauteuils des ponts d'observations ou au bistrot/cinéma/salle de conférence : de jeunes retraités actifs, quelques grands-parents avec petits-enfants aux yeux vissés sur leurs écrans digitaux, des routards et des bikers en Harley Davidson amateurs de grands espaces. Voyage en la belle terre de caïn : le retour... 55 De Blanc-Sablon, ils allaient se lancer sur la Translabradorienne ou traverseraient le détroit de Belle-Isle pour redescendre la côte ouest de Terre-Neuve en direction des traversiers menant à la Nouvelle-Ecosse ou aux Iles de la Madeleine.
Qui aurait pu imaginer derrière le look gothique et les biceps tatoués que se  cachaient quelques chefs d'entreprise ? A la cafétéria et dans les salons du pont 3,  les voyageurs qui utilisaient le Bella Desgagnés comme moyen de transport public contribuaient à faire considérablement baisser la moyenne d'âge des passagers. Des familles innues composées de très jeunes parents et d'une ribambelle d'enfants s'amusaient visiblement des gadgets sous forme de jeux vidéos et des distributeurs de friandises que leur apportait ce moyen de transport. Pour tout dire, ils nous intriguaient...

D'Unamen Shipu à Mingan

Un arrêt  au petit port de la Romaine  fut l'occasion pour nous d'une  brève immersion  dans la vie de la réserve innue d'Unamen Shipu. Au début du 18ème siècle, le lieu fut d'abord à l'embouchure de la rivière Olomane, un poste de pêche et de traite pour les Français avant que ceux-ci se spécialisent dans la pêche au homard. Au milieu des années 50, alors que débute le développement économique de la Côte-Nord autour de l'exploitation minière,  le gouvernement du Québec  crée des réserves pour les Innus sur la Basse Côte-Nord dont celle d'Unamen Shipu. Certains résidants  y ont maintenu leurs traditions nomades et migrent entre la côte et l'intérieur des terres de l' été à l' hiver selon leurs besoins.Le village d'un millier de personnes est totalement enclavé en saison hivernale durant les deux mois où le bateau ravitailleur ne circule pas  et l'on attend ici avec grand intérêt la construction  d'un nouveau tronçon de la route 138 dont les travaux doivent débuter l'année prochaine. Pour certains, c'est un bien, dans la mesure où cela brisera l'isolement et facilitera l'approvisionnement.

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Accueil touristique à la Romaine

D'autres redoutent que la construction de la route n'entraîne  un brusque développement de l'exploitation minière au détriment de la forêt et de la faune. Sans compter les répercussions sur la culture locale. Une jeune  maman m'explique que jusqu'à l'âge de l'entrée à l'école dans le courant de leur cinquième année, la plupart des enfants de la communauté ne parlent qu'innu à la demande des Anciens qui jugent préférable que les petits acquièrent d'abord la langue et la culture de leurs ancêtres. On a ici le souvenir très vif de la douloureuse histoire des enfants indiens arrachés au début des années 60 à leurs familles pour être rééduqués dans des pensionnats où la plupart d'entre eux ont subi de terribles maltraitances dont les conséquences rejaillissent encore sur la communauté. En attendant la construction de la route, les Innus tentent de développer une forme de tourisme à l'usage des passagers du Bella Desgagnés  et le car scolaire  est utilisé en cette période de vacances  à faire la tournée du village.

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A l'église Marie- Reine- des - Indiens

A l'entrée, l'école, à la sortie, le Conseil de Bande,  conseil municipal local en charge de la gestion de l'éducation, de la santé et du développement économique. Entre les deux, une voiture de police veille : les jeunes ont un goût prononcé pour les acrobaties sur leurs motos et leurs quads !

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Préparatifs de la fête de Sainte Anne

Si notre guide est fière de montrer l'Eglise Marie- Reine- des -Indiens, elle n'oublie pas- au grand dam de certains touristes qui trouvent qu'elle insiste un peu trop- de citer à plusieurs reprises le nom d'un prêtre pédophile qui a sévi dans la paroisse dans les années 90. Au bord de la rivière, une noria de pick ups charge et décharge d'innombrables paquets et des groupes d'adolescents en grands préparatifs de la fête de Sainte Anne qui approche.

Sur le chemin du retour, nous sommes attendus pour une dégustation de banique*, de succulent homard et de marmelade de petites baies. Pas facile cependant de communiquer dans notre français de France, tant nous craignons de heurter les sensibilités en paraissant trop curieux. Nos questions vont trouver leurs réponses quelques jours plus tard à la Maison de la culture innue de Mingan à quelques km au sud de Havre Saint-Pierre. Dans le village, de nombreux panneaux incitent l'étranger à la prudence et mettent le jeune Innu en garde contre les dangers de la toxicomanie et de l'alcoolisme.

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Dans la maison de la culture innue de Mingan

Cette maison de verre récemment construite qui laisse largement passer la lumière et fait face au golfe raconte aux Innus leur propre histoire et les aide à se la ré-approprier : de la préparation des nourritures et des techniques traditionnelles de pêche et de chasse jusqu'à la fabrication, l'utilisation et l'utilité des médecines douces... .

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Chemin de croix à Saint Georges de Mingan

Ici, comme à Unamen Shipu, ce sont principalement les femmes qui animent la vie communautaire et servent de médium avec l'extérieur. A quelques pas, la petite église de Saint-Georges de Mingan rend hommages aux pères oblats qui y ont exercé leur sacerdoce ainsi qu'à son constructeur, un certain Jack Maloney qui a inspiré  Gilles Vigneault pour sa chanson "Jack Monoloy".

Quand les hommes du Sud-Ouest de la France foulaient  la terre aride de Caïn.

On peut bien imaginer que ces contrées éloignées et sauvages ne furent parfois "choisies" que par défaut par les populations qui vinrent s'y installer pour y mener une vie de labeur et de pauvreté. Fils et petits fils d'Acadiens sans terre, émigrés politiques ou religieux, ils devinrent chasseurs et pêcheurs pour se faire une vie  qui devait être bien rude le long de cette côte. Il y vint même des gens de chez nous, alors que Jacques Cartier n'avait pas encore planté la croix qui faisait française la terre canadienne. On sait que des Basques chasseurs de baleine ont laissé des traces dans le Saint-Laurent face à la ville de Trois Pistoles. Ils sont montés (ou descendus) bien plus haut puisque les vestiges de 5 fours basques  datant du 16ème siècle ont été mis à jour sur l'île Nue de l'archipel de Mingan. Ile sans forêt, elle est occupée par la lande qui abrite quelques beaux spécimens de monolithes et de plantes arctiques et sert de refuge aux oiseaux migrateurs.Voyage en la belle terre de caïn : le retour... 79 L'ile caractérisée par la présence à certains endroits de pergélisol est entourée de  profondes fosses marines qui font le bonheur des rorquals qui viennent s'y ravitailler. C'est aussi dans cet archipel qu'est venu volontairement se perdre un Français né sur les bords du Lot en 1841, Henry de Puyjalon, un de ces intellectuels européens bien nés du 19ème siècle  fasciné par les lointains et grands territoires, tout comme le sera plus tard le belge Johan Beetz..Au cours d' une jeunesse dorée qui lui fait fréquenter les artistes parisiens, il participe à la création du cabaret montmartrois "Le chat noir". En 1879, il vit à Bordeaux et s'associe avec son cousin Pierre -Joseph Lajard pour créer une société pour l'exploitation des carrières de pierres lithographiques à Château- Richer près de Québec. L'affaire périclite mais s'étant lié à l'élite culturelle et politique du Québec au point d'épouser Angeline Ouimet, la fille d'un ancien Premier Ministre, il obtient en 1880 l'autorisation de faire une grande étude minéralogique de la Côte Nord et devient le premier gardien de phare de l'ile aux Perroquets ** sur l'archipel de Mingan. Gardien de phare, naturaliste, explorateur, Inspecteur général des pêcheries et de la chasse, il publie en 1894 "Récits du Labrador", ouvrage dans lequel il s'inquiète déjà de la disparition de certaines espèces , tire la sonnette d'alarme à propos de la surexploitation des ressources et suggère des mesures pour protéger la diversité biologique de ce coin du monde.

Petites baies...

Pour survivre dans ces contrées sauvages, il fallait savoir tirer parti de tout ce que la nature prodiguait. Le poisson et les crustacés, le gibier, les petites baies d'été qu'il faut disputer aux ours. C'est pourquoi on rencontre encore le long des chemins, à distance respectueuse du bois par mesure de sécurité, des groupes de cueilleuses de petits fruits qui s'épanouissent à ras du sol : myrtilles qui portent le joli nom de bleuets, 3 ou  4 espèces d'airelles et  surtout la chicoutai,  ou ronce-petit mûrier, sorte de framboise de couleur orangée qui pousse sur les terres de tourbière et que l'on consomme essentiellement en confiture.

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Thé du Labrador et baies de cornouiller

Comme ses consoeurs, elle est très riche en vitamines A et C.  En bord de rivière, elle côtoie le thé du labrador à fleur blanche dont les grands-mères font  encore une tisane antispasmodique et anti-inflammatoire alors que près des épinettes fleurit la camarine noire...

...et grands débits

Comment passer si près des grandes centrales hydro-électriques québécoises sans aller y voir de plus près ? La route 389  qui relie Baie Comeau à  Fermont à la frontière avec le Labrador  est classée dans le top 10 des routes les plus dangereuses du Québec. Au km 214 se trouve le barrage Daniel Johnson, la centrale Manic 5 et la centrale Manic 5 PA, un aménagement  qui a vu le jour avec la Révolution Tranquille dont il a été un des fers de lance. Les visites guidées sont d'ailleurs offertes à tout visiteur qui a le cran de monter jusque là. Pour un Aquitain, le problème ne réside pas tant dans le côté sinueux et étroit de la route ( on compte plus de 400 virages pour atteindre le barrage) qui montre des ressemblances avec les routes pyrénéennes, mais dans la présence occasionnelle de "grande faune" comme l'indiquent des panneaux lumineux. Cela ne serait rien sans  la présence constante de camions qui ignorent l'utilisation du frein moteur et dévalent la route en franchissant allègrement la ligne médiane. Quand un de ces mastodontes déboule derrière vous, autant se ranger prudemment sur le bas côté ...quand il existe...C'est dire combien nous sommes soulagés d' arriver sans encombre devant le plus grand barrage à voûtes multiples (13) et contreforts au monde.Large de plus d'un km ( 1314 m exactement) avec une hauteur de chute de 142 m il a nécessité l'utilisation de 2.255 000 m3 de béton. Il retient l'eau de la rivière Manicouagan qui prend sa source dans un cratère formé par la chute d'une météorite il y a plus de 200 millions d'années.Voyage en la belle terre de caïn : le retour... 87Son réservoir contient 140 milliards de m3 d'eau. Plusieurs firmes québécoises, Hydro-Québec en premier mais aussi SNC Lavalin ont travaillé à la conception du barrage et il est intéressant de noter que la firme française d'ingénierie française Coyne et Bellier a participé à ce projet. Deux centrales de production ont été construites : celle de Manic 5 mise en service en 1969, dont la puissance installée est de 1596 MW.   La seconde, Manic 5 PA est mise en service en 1989 pour répondre aux besoins de pointe, très importants en saison hivernale.La puissance installée des deux centrales atteint 2660MW pour une production de plus de 6TWH.*** la visite du centre d'interprétation nous rappelle les évènements heureux et tragiques qui ont marqué la construction de Manic 5 au nombre desquels le décès soudain du premier ministre Johnson la veille de l'inauguration.

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Milou au Québec

L'exposition fait la part belle aux témoignages des ouvriers et rend hommage à tous ceux qui ont participé à la construction de cet ouvrage d'envergure. Elle rappelle combien ce chantier pharaonique a inspiré les poètes, dont Gilles Vigneault bien sûr mais aussi Georges Dor compositeur de la célèbre chanson La Manic.

Sans oublier les artistes belges Hergé et Henri Vernes qui confia à son héros Bob Morane  la mission de sauver le barrage dans "  Terreur à la Manicouagan".

Il nous fallut bien une soirée pour nous remettre de cette visite fascinante. Hébergés dans le seul motel proche du barrage et désireux de respirer l'air pur de la forêt, nous descendîmes aussitôt de notre petit nuage en constatant que nos plus proches voisins, des ours bruns, n'étaient pas prêts à nous laisser partager leur territoire.

C'est ainsi que nous sommes arrivés à la fin du périple. Nous étions partis voir des contrées réputées sauvages. Nous y avons beaucoup appris, y compris sur nous-mêmes.

 

Claude Ader-Martin

 

 

*pain sans levain dont la fabrication remonte à l'arrivée des premiers Européens en Amérique du nord.

**L'île  qui doit son nom au macareux-moine appelé communément perroquet des mers abrite aussi des colonies de guillemots à miroir, de sternes et de petits pingouins.

***La rivière Manicouagan alimente une chaîne de 5 centrales dont Manic 5PA est la dernière -née. Les autres sont Manic 1 dont la hauteur de chute est de 37 m, Manic 2, dont la hauteur de chute est de 70 m, et Manic 3 dont la hauteur de chute est de 94 m.

Les journalistes à l'heure du 50ème anniversaire de l'OFQJ

Nous l'avions annoncé en février dernier : le 50ème anniversaire de l'Office franco-québécois de la jeunesse  (OFQJ) a été l'occasion pour une dizaine de jeunes journalistes québécois de venir à Bordeaux à l'invitation du Club de la Presse. Il fallait un bon prétexte. Ce fut celui de la rencontre annuelle  les 28 et 29 juin de journalistes pigistes  à Bordeaux lors des "48h de la pige". L'évènement qui en est à sa 8ème édition est organisé par l'association Profession : Pigiste. Il avait pour thème cette année "Osons, Soyons créatifs" et se déroulait dans les locaux de l'institut de Journalisme de Bordeaux. Il s'agissait , comme auparavant d'échanger sur le métier bien sûr, mais aussi de se démarquer à l'heure où l'information  se développe via le net et les réseaux sociaux. L'occasion était bonne pour comparer les pratiques avec les jeunes professionnels québécois qui ont montré que la valeur n'attendait pas le nombre des années. Raphaëlle Corbeil de Montréal, Laurie Noreau de Longueuil , Emélie Rivard-Boudreau venue d' Abitibi Témiscamingue (ça fait un sacré chemin jusqu'à Bordeaux !) ont d'ailleurs déjà été primées pour leurs articles.

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Réunion de préparation à la descente de l'avion

D'autres comme Florence  Sara G.Ferraris de Montréal pigent à temps plein tout en terminant des études  à l'Université du Québec à Montréal.  Signe des temps qui montre que la profession se féminise de plus en plus, un seul élément masculin dans le groupe, Maxime Bilodeau, spécialiste  en sport qui a animé un atelier sur la pige au Québec. Deux d'entre eux avait décidé de prendre part au désormais traditionnel tremplin . Il s'agit de proposer un synopsis pour un article à la dizaine de rédacteurs en chef de médias français présents pour l'occasion et de décrocher une pige. Même si aucun des Québécois n'a gagné la queue du Mickey, ils n'ont pas manqué de tirer les bonnes conclusions de leur expérience.

Ebullition permanente

Arrivé le lundi 25 en fin de matinée, le groupe de jeunes québécois encadré par Michel Lagacé de LOJIQ, n'avait guère attendu pour entamer un programme particulièrement dense. Visite de médias locaux Sud Ouest et France 3, accompagnement de journalistes sur le terrain, ils auront pu mesurer ce qu'est la réalité du travail chez nous et sans doute faire quelques comparaisons avec leur propre expérience. Certains qui étaient arrivés avec quelques idées d'articles se sont mis d'entrée au travail.   Activités de loisir urbains, et valorisation des ressources liées à la forêt étaient au nombre des thèmes avancés à l'arrivée.

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Les journalistes québécois, les coordinatrices du Club de la Presse de Bordeaux et le représentant de LOJIQ aux 48h de la pige

Il s'agissait pour les journalistes de tirer parti du séjour à 150%  alors que l'été venait brutalement de tomber sur notre région. Si la table ronde inter-générationnelle qui a réuni jeunes et anciens journalistes  le samedi 29 s'est déroulée dans la fraicheur toute relative des locaux du Club de la Presse, ils a fallu avancer l'heure de la visite des lieux de mémoire franco-québécois à Bordeaux  proposé par AQAF afin d'éviter la canicule de l'après midi. Dans tous les sens du terme, c'était la surchauffe... Tous ont exprimé leur inquiétude face aux chamboulements qui affectent la pratique du métier à l'heure du déferlement d'informations plus ou moins crédibles via les réseaux sociaux. Les solutions préconisées étaient certes un peu différentes si l'on était québécois ou français c'est à dire plutôt pragmatique  ou idéaliste !

Les voyages qui forment la jeunesse 

En novembre, ce sera au tour de 10 pigistes français de partir à la découverte des spécificités du  métier pratiqué au Québec. Pour célébrer dignement le 50ème anniversaire des échanges franco-québécois pour la jeunesse, l'OFQJ a consenti un financement particulier qui permet à chacun des participants sélectionné de bénéficier de la prise en charge de son déplacement entre La belle Province et la France et de ses frais d'hébergement.Pour candidater, il faut impérativement être âgé de 18 à 35 ans, affirmer son sens de l'organisation  et posséder de fortes capacités relationnelles.Les heureux bénéficiaires auront l'occasion sur place d'assister au double congrès organisé d'une part par la Fédération professionnelle des Journalistes du Québec, d'autre part par  l'Association des journalistes indépendants du Québec. Les deux organismes ayant pour objectif commun  la défense de la liberté de la presse, ce rapprochement devrait favoriser une nouvelle unité. L'union fait la force...

 

Claude Ader-Martin

Charles Larroque parle français à Lafayette

485075123_100x75      Né à Jeannerette (Louisiane) et résidant à Lafayette (capitale de la francophonie), l'ancien directeur CODOFIL (1) a des ancêtres originaires du département des Hautes Pyrénées. Nous vous invitons à découvrir l'interview ci-jointe : accès.  Une fierté affichée de montrer le caractère et la diversité de ses origines tant françaises qu’irlandaises , résultats des flux migratoires et de la richesse des cultures en Louisiane.

Charles Larroque a connu un parcours professionnel bien rempli : tour à tour enseignant, auteur bilingue (2), actif dans de nombreuses associations dédiées à la préservation de l’héritage créole et acadien, il n’hésite pas à l’âge de la retraite d’assumer une nouvelle charge, celui de directeur exécutif du CODOFIL.

Un challenge important car il faut non seulement sélectionner et animer une équipe d’enseignants étrangers mais également promouvoir des parlers francophones locaux qui ont leur origine en fonction des différentes strates historiques et communautés de Louisiane : créoles descendants des premiers colons français, amérindiens , créoles caraibes après la Révolution de St Domingue, cadiens (cajuns) venus d’Acadie à la suite du Grand dérangement de 1755.

L’enjeu est d’importance car il s’agit de concilier les parlers et les coutumes sous la bannière des francophones de Louisiane. Un atout touristique également qui fait de cet état une destination privilégiée de renommée mondiale non seulement pour sa musique mais aussi sa gastronomie, son art de vivre et ses festivals ainsi que son patrimoine créole.

(1)CODOFIL- Conseil pour le Développement du Français en Louisiane : initié par James Domengeaux en 1968, grand avocat et député de Louisiane, cet organisme a pour objectif d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour encourager le développement et la préservation du français en Louisiane pour le bien culturel, économique et touristique de l’état. Site Codofil

(2)Auteur de « Mémoires de Lafayette » et « Mémoires de St Martinville » parus aux éditions Pélican.

Présence francophone sur l'île de Vancouver

Présence francophone sur l'île de vancouver 105 Les Francophones de Victoria ( pointe sud de l' île de Vancouver) sont appelés à se retrouver au cours du 15ème  Festival de la Francophonie du 8 au 11 mars prochain. Au programme, une conférence à l'Alliance Française de Victoria sur le thème : "Laïcité, immigration et identité nationale au Québec et en France" par Jean Bauberot, professeur à la Sorbonne, un spectacle de magie par Alain Choquette, la présence du clown Ben Labarouette, ancien du Cirque du Soleil, la découverte à pied du passé francophone de la ville par l'Association Historique Francophone de Victoria, des ateliers de cirque pour les petits. La fête se terminera le 11 mars par un grand "Brunch Cabane à sucre" destiné à fêter la prochaine arrivée du printemps et une série de concerts.

La présence francophone à Victoria remonte à la fondation de la ville en 1843 et l'arrivée  de main d'oeuvre canadienne-française recrutée dans la vallée du Saint-Laurent .

www.espacesfrancophones.uwaterloo.ca/numerises.html .La découverte de gisements aurifères près de Vancouver qui attira au début des années 1860 un grand nombre de mineurs américains venus de Californie fit pencher la balance linguistique du côté de l'anglais. Cependant, les missionnaires francophones venus évangéliser les populations autochtones jouèrent un rôle actif dans l'éducation et la mise en place d'un service de santé. Parmi les émigrants venus de Californie, deux Français, Sosthène Driard et Jules Rueff se rendirent célébres par la création d'une "Société de bienfaisance et de secours mutuel" , sorte de Sécurité sociale avant l'heure, sur le modèle établi à San Francisco par une communauté d'émigrés français. Par la suite, la Société fonda un hôpital français à l'entrée duquel flottait le drapeau tricolore. Petit à petit, la communauté urbaine de Victoria qui compte aujourd'hui  350.000  habitants devint anglophone. Pour rappeler à la population que le français fut parlé à une certaine époque, il reste le site patrimonial de l'Académie Sainte-Anne, bâtie sur le modèle des couvents français avec sa toiture à la Mansart. Aujourd'hui,  la communauté francophone se compose de franco-canadiens fuyant les rigueurs climatiques de leurs provinces d'origine, de Français, Belges et Suisses qui ont d'abord émigré au Québec puis sont venus dans l'ouest pour les mêmes raisons, mais aussi d'émigrés d'origine antillaise ou africaine, arrivés ici pour des raisons économiques ou politiques. L'université de Victoria compte un département de français. Il existe aussi une école francophone, l'école Victor Brodeur.  La Société francophone de Victoria  www.francocentre.com  organisatrice du Festival de la francophonie,  a pour mission de promouvoir et de faire vivre la langue française. L'Association historique francophone de Victoria  http://sites.google.com/site/associationhistoriquevictoria/

  joue un rôle de mise en valeur du patrimoine culturel francophone de la ville.

Flibustiers de la Nouvelle France

Flibustiers de la nouvelle france 107Urbaniste au Nouveau Brunswick dans la petite ville de Shédiac réputée pour son Festival du Homard, Armand Robichaud est très attaché à ses racines acadiennes, donc françaises. Il est l'un des nombreux descendants d'Estienne Robichaud qui vit le jour dans le Poitou en1640 et qui partit à la recherche d'une nouvelle vie en Acadie autour de sa vingtième année. Un des descendants de cet ambitieux jeune homme se lia par le mariage à une petite fille du Baron  béarnais de Saint-Castin qui avait lui-même mêlé ses racines françaises au sang des Indiens de la nouvelle Amérique.  Ce Robichaud là est donc le premier d'une lignée qui au cours de l'histoire, et à la faveur -pourrait on dire- du Grand Dérangement va essaimer au Nouveau Brunswick, au Québec et aux Etats-Unis. Francophone par héritage et francophile jusqu'au bout des ongles, Armand Robichaud est l'auteur d'un ouvrage sur les corsaires et flibustiers français qui ont sillonné les côtes de la Nouvelle-France et de la Nouvelle-Angleterre au 17ème et 18ème siècles. Parmi eux les Aquitains Pierre Maisonnat  dit Capitaine Baptiste, né à Bergerac en 1658, excellent navigateur qui s'illustra dans la defense de Port Royal http://ch.lagarrigue.pagesperso-orange.fr/baptiste.htm, et Pierre Morpain natif de Blaye  http://cyberacadie.com/index.php?/acadie_hier_biographie/Pierre.morpain.html  qui obtint son premier commandement à Saint Domingue avec pour mission de pourchasser les navires anglais dans les Caraïbes.

Les Flibustiers de l'Acadie, Coureurs des mers est édité par les Editions de la Francophonie. http://www.editionsfrancophonie.com